Par Dilip Ratha, Sanket Mohapatra, et Ani Silwal
Si l’on en croit les nouvelles données disponibles, les flux d’envois de fonds légalement enregistrés vers les pays en voie de développement ont atteint 338 milliards de dollars en 2008, dépassant notre estimation de 328 milliards de dollars. En se fondant sur les données mensuelles et trimestrielles de certaines banques centrales et en accord avec la perspective sur l’économie mondiale de la Banque Mondiale, nous estimons que les flux d’envois de fonds vers les pays en voie de développement chuteront à 317 milliards de dollars en 2009. Cette baisse de 6.1% est moins importante que notre estimation antérieure qui s’élevait à 7%.
Tandis que les nouveaux flux de migration ont chuté, les migrants antérieurs ne rentrent plus au pays, et ce malgré le fait que le marché du travail s’est affaibli dans de nombreux pays de destination. Nous nous attendons toujours à un recouvrement des flux de migration et d’envois de fonds en 2010 et 2011, mais il risque d’être faible.
Les flux d’envois de fonds en Asie du Sud ont connu une grande croissance en 2008 malgré la crise économique mondiale, mais ils courent maintenant le risque de diminuer, subissant à retardement les contrecoups d’une économie mondiale affaiblie. L’Asie de l’Est et l’Afrique Subsaharienne courent des risques similaires. A l’inverse, les flux d’envois de fonds en Amérique Latine, aux Caraïbes, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ont été moins importants que prévus en 2009 ; ils semblent avoir déjà atteint le fond et l’on espère un recouvrement en 2010 et 2011.
Dans toutes les régions, les flux d’envois de fonds feront sans doute face à trois risques d’aggravation : une relance économique sans emplois, des contrôles d’immigration plus sévères et des mouvements imprévisibles des taux de changes. Malgré ces risques, on s’attend à ce que les envois de fonds demeurent plus souples que les flux de capitaux privés et qu’ils deviennent même une source de financement extérieur encore plus important dans de nombreux pays en voie de développement. Les réponses politiques devraient comprendre des efforts pour faciliter la migration et les envois de fonds afin de rendre ces flux meilleur marché, plus sûrs et plus productifs pour les pays d’origine et pour les pays de destination.
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